Comment réduire sa fatigue au travail ?
Parfois, après de longues périodes de travail ou une succession de projets, on se sent épuisée. Le moindre sujet supplémentaire qui pointe le bout de son nez fait surréagir : on n’est plus capable de gérer quoi que ce soit de nouveau, on a la sensation que la coupe est pleine, au bord de la noyade. On dort mal, on n’arrive pas à retrouver de l’énergie, le cerveau et le corps tournent au ralenti, et on n’aspire qu’à se reposer et se régénérer.
Les 2 types de fatigue
Il y a d’abord la fatigue physique, celle liée au manque de sommeil. Mais il y a aussi, et surtout, la fatigue émotionnelle : celle liée à tout ce que l’on pense, la fameuse charge mentale. C’est elle qui crée ce sentiment d’être débordée, au point de ne plus pouvoir prendre le moindre sujet pro ou perso supplémentaire sous peine d’exploser.
Les 4 comportements qui créent la fatigue émotionnelle
1. L’envie d’être forte, de tout faire
Dire oui à tout, se sentir grisée par la nouveauté, se lancer sur tous les projets en même temps sans mesurer son temps disponible ni sa capacité réelle à les réaliser : c’est le surinvestissement. Quand s’y ajoute le besoin de prouver qu’on est solide, capable d’encaisser plus que les autres, ce surinvestissement devient du surmenage. Le problème, c’est que lorsque cette excitation retombe, et elle retombe toujours à un moment donné, on peut s’écrouler sous le poids de tout ce qu’on a pris sur ses épaules.
Ce sont en général des personnes qui ont envie de prouver, sans cesse, à elles-mêmes avant tout, qu’elles sont à la hauteur, parce qu’elles remettent sans cesse en jeu leur valeur. C’est un all-in permanent. Quand elles s’écroulent, elles y voient la preuve qu’elles ne sont pas assez fortes ou pas assez bonnes, ce qui remet encore davantage en cause leur valeur à leurs propres yeux, et elles repartent à la charge dès qu’un peu d’énergie revient. Sauf qu’à chaque redémarrage, cette énergie est un peu moins puissante que la précédente.
2. L’envie que tout soit parfait
L’exigence de perfection combinée à l’exigence de vitesse. La frustration de ne pas comprendre pourquoi les choses ne sont pas aussi bien faites qu’on le voudrait, et pourquoi ça n’avance pas plus vite. La sensation d’être toujours en retard, face à une liste de tâches qui ne se termine jamais : dès qu’un trou apparaît dans l’emploi du temps, on le remplit, pour faire plus, tout en gardant l’impression de ne jamais rattraper ce retard.
Ce sont en général des personnes qui ont un besoin puissant de tout maîtriser pour que tout soit parfait. Leur niveau d’exigence est tel que peu de monde, elles y compris, l’atteint durablement. Alors elles en font toujours plus, persuadées qu’un travail moins abouti altérerait leur image et leur valeur. Or il est impossible de tout faire parfaitement : la perfection est l’objectif le plus difficile à atteindre, parce qu’il n’existe pas. C’est une quête sans fin, qui génère sur son passage déception et fatigue permanente. L’enjeu n’est pas de faire disparaître ce niveau d’exigence, mais d’en garder le meilleur, sans l’épuisement.
3. L’envie de faire plaisir
Dire oui à tout pour contenter tout le monde, mails, réunions, projets, jusqu’à ce que les sujets s’accumulent sans jamais être priorisés, sous un amas de travail qui ne se réduit jamais. Ce sont en général des personnes qui ont un fort besoin de reconnaissance, et l’envie de prouver qu’elles sont légitimes, capables et à la hauteur.
Je pense à une coachée, responsable de projets, qui ne parvenait jamais à dire non à une nouvelle demande, de peur de décevoir. Elle a appris à distinguer ce qui relevait vraiment de son rôle de ce qui relevait du service rendu par gentillesse, et à décliner ce second type de demandes sans culpabiliser. Sa charge de travail réelle a baissé de manière spectaculaire, sans que rien ne change dans son poste.
4. Se forcer à rester dans un poste désaligné
Celui-ci fonctionne à l’inverse des trois précédents : la fatigue ne vient pas d’un trop-plein, mais d’un manque. Rester dans un poste qui n’a plus de sens, qui n’intéresse plus, ou qui ne correspond plus à qui on est devenue, épuise tout autant que d’en faire trop. On tient, on continue, sans y trouver ni élan ni plaisir, jusqu’à fonctionner en pilote automatique.
C’est une fatigue plus silencieuse que les trois autres, portée par la sous-stimulation et la perte de sens plutôt que par la surcharge. Elle porte un nom : le bore-out (l’épuisement par l’ennui) et le brown-out (l’épuisement par la perte de sens), deux mécanismes qui méritent, à eux seuls, un article à part entière.
Dans lequel de ces quatre comportements vous reconnaissez-vous le plus ?
Un cercle vicieux qui s’auto-alimente
Ces comportements ont des conséquences bien réelles à terme : angoisse, insomnies, difficultés relationnelles, perte de confiance en soi, désengagement, burn-out, vie privée délaissée, culpabilité, contre-performance.
Plus on est fatiguée, plus on se sent débordée. Plus on se sent débordée, moins on est à l’écoute de soi-même et capable de prendre de la hauteur pour s’arrêter et prendre du temps pour soi. C’est un cercle vicieux qui s’auto-alimente, et qui mène tout droit à l’épuisement professionnel.
Pourquoi les femmes sont-elles plus concernées ?
Ces tendances sont encore plus fortes chez les femmes, parce qu’on les éduque à prendre soin : à faire les choses parfaitement, à faire plaisir, à tout faire. Ce sont des conditionnements profondément ancrés, pas des traits de personnalité figés.
Ce qui crée la fatigue, ce n’est pas ce qu’on doit faire, mais ce qu’on pense de tout ce qu’on doit faire, le sens qu’on lui donne :
- si je ne travaille pas assez vite, je serai remplacée ;
- on va me trouver nulle, on va donner mon travail à quelqu’un d’autre ;
- si je ne fais pas plaisir, on me confiera moins de choses ;
- j’aurai moins l’occasion de prouver ma valeur ;
- si je change de travail et que cela n’a pas de sens, j’aurai fait tout ça pour rien.
Ce sont ces pensées, bien plus que la charge de travail elle-même, qui créent la frustration et parfois la colère face à la sensation de faire de son mieux sans que ce soit jamais suffisant.
On a souvent tendance à mettre cette fatigue émotionnelle sur le dos du poste, en se disant qu’en changer irait mieux, alors que parfois, ce n’est pas le poste qui pose problème, mais la manière dont on le vit. Si cela dépend de vous, vous avez aussi la capacité d’agir dessus, et la possibilité de changer votre façon d’aborder le travail sans nécessairement changer de poste.
Ces 4 comportements relèvent de vous, de votre rapport au travail. Mais la fatigue peut aussi venir de l’extérieur : d’un manager qui n’installe aucun cadre, d’une charge de travail structurellement intenable, d’un environnement toxique. Pour distinguer ce qui vous appartient de ce qui relève de votre environnement, cet article sur le burn-out féminin et celui sur l’environnement de travail vous aideront à y voir plus clair.
7 leviers pour sortir du cercle vicieux
- Retravailler ses croyances en profondeur, pour changer ses modes de pensée.
- Réaliser un planning inversé : retirer au lieu d’ajouter, et déléguer.
- Sélectionner ses projets au lieu de tout accepter, et les prioriser.
- Prendre en compte ses ressources disponibles réelles (temps, énergie, fatigue).
- Comparer sa situation actuelle à l’état souhaité, dans son organisation, sa confiance en soi et son ressenti, pour agir précisément sur l’écart plutôt que dans le vague.
- Apprendre à lâcher prise et à ralentir.
- Prendre du temps pour soi, pour se reposer et se régénérer : ce n’est pas un luxe, c’est indispensable.
Fatigue au travail : les questions qu’on me pose le plus souvent
La fatigue au travail disparaît-elle avec des vacances ? Un temps de repos aide, mais s’il ne s’accompagne pas d’un travail sur les pensées qui créent la surcharge, la fatigue revient généralement dès la reprise, au même rythme qu’avant. Encore faut-il vraiment récupérer pendant cette pause, ce qui n’est pas toujours le cas.
Faut-il changer de poste pour arrêter d’être fatiguée ? Ça dépend du mécanisme en cause. Si la fatigue vient surtout de la façon dont vous vivez votre travail (perfectionnisme, besoin de plaire), ce comportement vous suivra ailleurs tant qu’il n’est pas travaillé. Si elle vient d’un vrai désalignement avec le poste lui-même, en revanche, en changer peut être précisément la solution.
Comment savoir si c’est de la fatigue passagère ou un épuisement plus profond ? Une fatigue passagère se résorbe avec du repos. Si elle persiste malgré des pauses régulières et s’accompagne d’une perte de sens ou de motivation, c’est le signe d’un épuisement plus profond qui mérite d’être adressé.
Cet article vous parle ?
Vous n’arrivez plus à faire la part des choses entre ce que votre travail exige vraiment et ce que vous vous imposez vous-même ?
Je peux vous accompagner à identifier ce qui, dans votre fonctionnement, entretient cette fatigue, dans le cadre d’un accompagnement dédié à l’épuisement professionnel.
Réservez votre bilan stratégique professionnel : gratuit, sans engagement.
Commençons par un bilan stratégique professionnel
En 45 minutes, faisons le point ensemble sur votre situation pour clarifier votre objectif et construire la stratégie la plus adaptée à votre réalité professionnelle.
Articles récents
Perfectionnisme au travail Le perfectionnisme n'est pas à éliminer, il vous a souvent servi. Comment garder ce qui fait votre fiabilité, sans la part qui vous épuise.
Épuisement professionnel Épuisement professionnel : reconnaissez les signes, comprenez les causes et retrouvez énergie, confiance et équilibre grâce au coaching carrière pour femmes.
Burn-out féminin : est-ce vous, ou votre environnement de… Le burn-out féminin n'a pas une seule origine. Apprenez à distinguer ce qui relève de vous de ce qui relève d'un environnement de travail épuisant.